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Pommes à cidre de Fouenant

Les variétés présentées ci-dessous sont une sélection de quelques-unes des variétés les plus connues du canton. Les informations données sont des extraits de conversations avec des cidriers traditionnels.

Beleien (Fouenant)

Variété douce et sucrée au jus dense et rouge, elle est très appréciée des cidriers Fouenantais qui la classent parmi les meilleures variétés du cru. Trop douce, elle est utilisée uniquement en assemblage.

Beleien signifie prêtres. Il s’agit donc de la pomme des prêtres. Ce nom vient peut-être de la réputation d’amateurs de douceurs attribuée aux curés, mais peut-être est-ce plus simplement des prêtres qui ont découvert la variété car les gens d’église appréciaient le bon cidre qu’ils élaboraient souvent eux-mêmes.

Boudenn-blad ( Fouenant - Plomelin )

Pomme amère, attestée depuis longtemps à Plomelin, elle produit un cidre se conservant pas et peu agréable à boire, mais bien alcoolisé et réservé à la distillation. Cela explique sa présence à Plomelin où l’atelier public de Pont menhir accueillit de nombreux alambics.

Boudenn-blad signifie motte plate de b(m)oudenn (motte) et plad (plat). Selon les paysans de Plomelin, son nom vient de la silhouette de l’arbre qui apparaît de loin, avec son feuillage dru, comme une de motte compacte et plate sur un tronc râblé.

Boutailh-vihan ( Fouenant )

Variété douce et précoce, ses fruits ont tendance à s’altérer et il faut la traiter rapidement. Elle est implantée de longue date sur le canton de Fouesnant ou elle bénéficie d’une excellente réputation, même si elle s'avère peu parfumée.

Boutailh-vihan signifie petite bouteille de boutailh (bouteille) et bihan (petit). Elle doit son nom au fait qu’elle était traditionnellement réservée à la fabrication de cidre bouché. En effet, son jus clarifie très bien, ce qui est une garantie une bonne conservation. C’était important à l’époque car les lourdes bouteilles en grès coûtaient cher et il ne fallait rien gâcher.

La Boutailh-vihan est toutefois réputée faire des pompouch, petits résidus de chapeau brun, qui restent en suspension dans le cidre, sans en altérer le goût. À noter que dans les
vallées de l’Aven et de la Laïta on appelle ces résidus pompach.

C’huero-ruz-mod-kozh ( Fouenant )

Variété amère et sans aucun doute parmi les plus renommées de Fouenant. Traditionnellement elle était assemblée avec la c’huero-brizh et à la dous-bloc’hig pour élaborer le cidre qui fit la réputation du cru. Pour autant, il arrivait parfois qu’elle soit associée à la troajenn-hir.

C’huero-ruz-mod-kozh signifie la véritable amère de c’huero (amer), ruz (rouge ou énergique) mod (manière ou mode) et kozh (vieux). Très appréciée, elle doit son nom à son caractère affirmé et régulier d'une année sur l'autre.Le cru de Fouenant a bâti sa réputation avec un cidre doux-amer, foncé en couleur et moelleux. La c’huero-ruz-mod-kozh est une des trois variétés de base nécessaires à l’élaboration de ce cidre. C’huero ruz veut dire ici qu’elle est plus amère tandis que mod kozh signifie ici véritable (vieille et authentique tradition) et atteste de la qualité de la pomme.

C’huero-ruz Per Lae ( Fouenant )

Une excellente variété amère au caractère très affirmé dont la réputation cependant est confinée au cercle restreint des producteurs de cidre de Fouenant.

C’huero-ruz Per Lae signifie l’amer vigoureux de Pierre Le Lay, de c’huero (amer), ruz (rouge ou énergique), de Per (le prénom Pierre) et Lae (fidèle) qui est un nom de famille (Le Lay) courant en Cornouaille. On peut penser que ce nom est un hommage à une forte personnalité. Per Lae fut en effet maire de Fouenant. Républicain notoire, la mémoire populaire a gardé le souvenir de ses diatribes rageuses contre les blancs et l’habitude de porter, en toutes circonstances, des pantalons rouges.

Dous-bloc’hic ( Fouenant )

Attestée depuis longtemps à Fouenant, c'est une variété douce-amère, bénéficiant d’une grande renommée.Elle était mélangée avec les C’huero-brizh et C’huero-ruz-mod-kozh pour produire le vrai cidre du cru. Elle apporte de la douceur et de la fraîcheur au cidre.

Le nom de la Dous-bloc’hig semble vouloir dire “Tout à fait petitement douce”, de dous (doux) et de bloc’h (Adv. tout à fait) augmenté du suffixe ig (qui diminue la portée d’un mot ou d’un nom), ce qui correspond exactement à son goût.Toutefois, bloc’hig est un surnom parfois donné parfois aux marins vannetais. Il s’agirait alors de la “douce des marins vannetais” et elle pourrait bien être originaire du Morbihan.À noter qu’il existe à Riec-sur-Belon une variété Dous-Rieg, proche de la Dous-bloc’hig.

Kroc’hen-ki ( Fouenant )

Variété douce-amère qui bien que jouissant d’une bonne réputation chez les cidriers de Fouenant, a été décriée par les instances cidricoles en raison de sa sensibilité au feu bactérien. Pour autant, bon nombre de producteurs continuent à la cultiver et se félicitent de ses qualités cidrières. Un vieux paysan de Fouenant disait à son propos, “il y a parfois le feu bactérien et il faut surveiller. Quand ça apparaît, on coupe la branche et on brûle aussitôt, comme font les saozon (anglais), comme ça l’arbre reste bien".

Kroc’hen-ki signifie peau de chien de kroc’hen (peau) et ki (chien). Elle est d’ailleurs appelée ainsi dans les ouvrages de pomologie. Toutefois, son nom d’origine est bien breton, langue imagée s’il en est. Il témoigne de l’analogie faite par les paysans qui l’ont baptisé entre la rugosité de sa peau et le pelage des chiens de campagne.

Prat-yod ( Fouenant - Plomelin )

Variété douce-amère, portée par de grands et beaux arbres, c'est une pomme typique de la vallée de l’Odet et de Plomelin où elle jouit d’une bonne réputation.

Prat-yod signifie littéralement pré de bouillie de prat (pré) et yod (bouillie). Ce nom s’explique simplement  par le fait que les fruits tombés sur l’herbe se gâtent très rapidement et si rein n’est fait, se transforment en yod-avaloù (marmelade). Au broyage également elles font facilement de la bouillie et il faut les travailler sans délai si l’on veut en faire du cidre.

Troajenn-hir ( Fouenant )

Pomme douce, très sucrée et parfumée, elle donne un cidre coloré aux parfums éloquents. Traditionnellement présente à Fouenant et à Bénodet, elle était principalement utilisée pour faire du cidre bouché en assemblage avec la c’huero-ruz-mod-kozh.

Troajenn-hir signifie pédoncule long de troadenn, souvent prononcé troajenn, (pédoncule), et hir (long). Elle doit son nom à la longueur de son pédoncule qui est effectivement très long. La Troajenn hir est attestée depuis longtemps en Cornouaille, autant à Fouenant que dans la Vallée de l’Aven.
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