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Cidres Cornouaillais
Le verger
cornouaillais s’étend sur plus de trois cent hectares et produit
environ sept mille tonnes de fruits. Sa capacité est
évaluée à quarante mille hectolitres dont vingt
pour cent environ sont classés en appellation
contrôlée. Il s’étend sur le territoire de la
Cornouaille historique où sont reconnues quatre zones
principales.
Le Pays de Fouenant, le Pays Bigouden, les Vallées de l’Aven et
du Belon et la vallée de l'aulne produisent des cidres
caractérisés par une couleur et un juste équilibre
des saveurs où pointe une belle et douce amertume. Chaque
terroir présente cependant une vraie originalité
apportée autant par les variétés locales de pommes
que par le savoir faire des cidriers.
Le cidre de Fouenant
doit sa notoriété au barde
Frédéric Le Guyader, qui dès le XIXe siècle
le qualifiait de meilleur cidre du monde, et aux fameux produits de
l’ancienne cidrerie Rousseau-Goas. Le cœur de ce terroir est le duo des
communes de Fouenant et de La Foret Fouenant. L'influence de ce noyau
s’étend sur une zone assez vaste où les productions sont
nombreuses et d'excellente qualité et qui comprend tout le
canton de Fouenant, le pays de Quimper et la vallée de l’Odet.
Le cidre de Fouenant se distingue par sa texture et sa force. Cela
tient à la c’huero-brizh, variété
locale bien adaptée à son environnement, et
au sol qui produit des pommes de grande qualité. Une vieille
légende prétend que c’est à mi-chemin de Fouenant
et de La Forêt que l’on trouve ce mythique meilleur cidre du
monde, mais d’autres quartiers font aujourd’hui des merveilles. Les
forestois et les Fouenantais ont gardé une excellente culture du
cidre et conservent précieusement dans leur relation un petit
producteur où ils sont persuadés de trouver le meilleur
cidre qui soit. Sur le terroir étendu,
Ergué-Gabéric dispose du verger le plus important
alors que Plomelin et Ergué-Armel abritent les deux principales
distillerie.
Le cidre du Pays
Bigouden est le reflet d’un pays rude, où la vie est
partagée entre l’appel du large et la quiétude de la
campagne. La mémoire des anciens rappelle avec chaleur qu'il
s'en fabriquait dans toutes les fermes et que les marins,
réputés pour leur bravoure à la mer et leur
malice, embarquaient toujours un fût de cidre. Le verger est
planté de variétés communes à toute la
Cornouaille et de variétés locales dont la
c’huero-ruz-bihan est la plus connue.
Si le Pays Bigouden
vient jusqu’aux rives occidentales de la rivière, sa zone
cidricole commence à seulement à l’ouest des communes de
la vallée de l'Odet. Cela n’empêche pas le terroir,
centré sur Pouldreuzic et Plovan, de compter les deux plus
importantes cidreries cornouaillaises. Le cidre bigouden, comme tous
les cidres cornouaillais, présente un bel équilibre.
Ils sont un peu plus clairs et un peu plus acidulés qu'à
Fouenant. Les quantités
produites témoignent de leur qualité.
Les cidres des
vallées de l’Aven et de la Laïta s’appuient sur une
tradition affirmée. Rosporden était connu pour la
cidrerie Postic, aujourd'hui disparue. Le cidre de
Quimperlé était très réputé et
a fait très tôt l'objet de recherches. C'est pourquoi
plusieurs variétés de la région ont
été sélectionnées et implantées sur
de nombreux autres vergers. À l'époque où
l'activité cidricole utilisait le chemin de fer, le verger
pouvait produire jusqu'à mille sept cent wagons de pommes en une
seule campagne. Ces pommes étaient expédiées vers
les cidreries du pays de Rennes ou de Normandie. Le village de
Clohars-Carnoët, à l’est du Belon, est réputé
pour être le pays de la kermerrien, une des
variétés les plus plantées du verger breton tandis
que la stang-ruz fait la saveur du cidre de Pont-Aven, village
autrement plus connu par les tableaux de Gauguin et de ses
émules.
Les cidres des
vallées de l’Aven et de la Laïta présentent un bel
équilibre. S’ils sont moins colorés qu’en pays de
Fouenant, ils apportent la finale
caractéristique des cidres de Cornouaille. Le village de
Rédéné, près de Quimperlé est le
berceau du Guillevic. Élaboré avec une seule
variété, ce cidre est désormais produit par de
nombreux cidriers cornouaillais tandis que dans l’ouest du Morbihan,
il est reconnu en appellation label Rouge.
Le verger de la
Vallée de l'Aulne était autrefois très
étendu. Il existait une grande cidrerie à
Châteaulin et la vallée a connu une très importante
activité pendant la deuxième guerre mondiale car elle
approvisionnait Brest de l’autre coté d’une rade qui connaissait
alors une belle activité de cabotage. Les bateaux remontaient le
plan d’eau et s’arrêtaient volontiers devant les fermes au bord
du rivage, pour y charger du cidre. Les histoires de marins ou de
fûts tombés à l’eau lors des chargements ne
manquent pas et participent à la légende du cidre
local. L’abbaye de Landévénec, qui était avec les
villes de Carhaix et de Quimper l’un des trois piliers de la
Cornouaille des origines fut, au XVe siècle, parmi les pionniers
de la sélection variétale et produisait du cidre
jusqu'à une époque récente.
La Vallée de
l'Aulne est le pays de la ti-pronost, appelée
familièrement la ti-ponch. C'est une variété
très prolifique qui donne un cidre jaune pâle au parfum
revigorant. Les cidres d'ici sont jaune orangé, parfumés
avec une fin de bouche plus acidulée.
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